Qu'appelle-t-on patois ?

Publié le par Fourchafoin

Nous avons l’habitude de considérer comme patois tout langage se limitant à une petite contrée, petit territoire bien défini. Ceci demande quelques réflexions…

 

En observant  ce qui nous a été légué par nos anciens au vingtième siècle, ce qui  est confirmé par la littérature de nos poètes patoisants de la même époque, c’est qu’il s’agit de tournures, d’expressions régionales mélangées à notre français contemporain saupoudré aux accents du terroir. Ce qui fait que notre parler, loin d’être un idiome réservé aux seuls autochtones est compris loin de nos frontières pourvu que le lecteur ou l’auditeur connaisse , ou devine le sens des termes angevins exposés.

Ceci s’est  pratiqué à toutes les époques. Sauf dans des pays comme la Bretagne ou le pays Basque, où le français n’était parlé que dans les hautes classes, les provinces sont toujours restées ouvertes.
A l’époque médiévale notre parler se mélangeait déjà  à un ancien français dont l’utilisation dépassait de beaucoup les frontières de notre Anjou. Il se mélangeait même parfois au français professé dans les universités du moyen âge. Et c’est cet ensemble, qu’aujourd’hui nous appelons patois !
Nos poètes, Marc Leclerc et Emile Joulain avaient quelques raisons  de dire que bien des mots de notre patois faisaient partie du langage de Rabelais, du roi François Premier, et même des gaulois. Les linguistes aiment remonter à leurs racines latines. Combien  parlent encore d’une déformation de notre langue française contemporaine, alors, qu’au contraire, la langue d’aujourd’hui plonge ses racines dans les langages d’hier dont elle est le fruit  grâce à une évolution qui s’est faite lentement au cours du temps.  

Le mot patois étant affligé d’une connotation fortement péjorative, certains lui préfèrent : « Parlers d’Anjou », soulignant ainsi la pluralité certaines expressions ou prononciations différant souvent, d’une contrée, voire d’un village à l’autre. Cette diversité existait dans tous les parlers de France et d’ailleurs.

Des expressions angevines, j’en ai d’abord entendues de la bouche de mes grands- parents campagnards venus finir leur vie à  Angers, ainsi que dans l’environnement de mon enfance. C’est tout au long de ma vie qu’ensuite, j’en ai recueillies et que j’ai pu en vérifier l’authenticité, l’historicité dans divers glossaires comme ceux de Marc Leclerc, Félix Landreau, René Boré, Yvon Péan, Jean et Gérard Cherbonnier des éditions du « Petit Pavé », et, mieux encore, dans l’énorme glossaire des patois et parlers d’Anjou, riche de plus de 20 000 mots, publié en 1905 par messieurs Verrier et Onillon, et réédité en 2001 par les éditions Cheminement. Verrier-et-Onillon.png  

 

C’est dans ce travail de recherche et d’observation des gens, de leurs coutumes, leurs peines, leurs joies, leurs travaux que j’ai été  amené à écrire en style patoisant des poèmes, sketchs et monologues sérieux ou humoristiques et de les publier.

Ma première publication date de 1997 et a pour titre « Le Flûtiau berdassier », (flûtiau bavard).  Je veux aussi prouver que ce langage qu’on ne pourrait oublier si vite tellement il  exprimait bien le caractère de nos anciens, peut encore non seulement enchanter les générations nouvelles, mais dire aussi, à sa façon, les problèmes, les joies et les angoisses des hommes d’aujourd’hui, en ce début du vingt et unième siècle, ceci, sur un ton plein d’humour.

Publié dans Patois et Patrimoine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article